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«Les
valeurs qui ont marqué ma vie, que j'ai
continué de faire grandir et d'approfondir
tout au long de ma vie religieuse, c'est
à la maison que je les ai apprises,
au coeur de ma famille à Lévis.
«J'ai
beaucoup écouté. Si vous
saviez comme j'ai
essayé de le faire avec tout mon coeur.
Pour moi, écouter c'est
entendre des sons que la personne n'exprime
pas, c'est
laisser monter en moi une résonnance unique provoquée par la
signification profonde de son échange.
Ecouter une personne, c'est
dépasser l'expression
écrite ou verbale, c'est
aller plus loin pour saisir son coeur qui n'arrive
pas toujours à tout exprimer. Pour
moi encore, écouter,
ce n'est
pas donner des réponses, mais très souvent prier en mon coeur tout en accueillant profondément la personne et son vécu.»
«J'ai
cette conviction profonde : croire en la personne c'est
la faire grandir;
arrêter de croire, c'est
la faire mourir.»
J'ai
été une femme heureuse et bien dans sa peau. Ce qui m'a
aidée, c'est
une toute petite question que je me posais: Ce que tu penses,
Marguerite, est-ce que ça te fait vivre?...
Une autre de mes grandes
convictions était que je suis responsable en grande partie
de mon
bonheur. Qu'est-ce
que je veux dire par là? J'ai
quelque chose à faire pour me
rendre heureuse plutôt que d'attendre
que cela vienne des autres.»
«J'ai
essayé de vivre mon nom de Soeur de
la Charité. Je
résume cette valeur par une petite phrase que ma mère nous a répétée
de nombreuses fois et qui m'a
profondément marquée. Comme
elle était irlandaise, elle nous disait en anglais : A Charity
begins at home
La charité commence chez soi. J'ai
aimé là où j'étais.»
«Une autre de mes grandes valeurs était ma foi en Jésus ressuscité
au coeur du quotidien.
Cela
venait donner un sens à mes croix. Il est vrai que la croix fait partie des voies incompréhensibles
du Seigneur... J'ai
donc uni ma souffrance à celles des personnes qui partagent dans leur
chair, les croix de la maladie, de l'incompréhension,
du rejet, du manque d'amour,
en union avec Mère Saint-Louis.»
«L'amour
de l'Eucharistie
est un autre héritage que j'ai
reçu de mon père et de ma mère.
Quelle
joie de constater l'importance
accordée par Mère Saint-Louis à ce même amour
de l'Eucharistie! Au cours de mon pèlerinage terrestre, je me suis approchée
chaque jour
de Jésus Eucharistie. J'ai
puisé dans la Parole, dans
le Pain et le Vin, dans la vie communautaire, dans l'amitié
et bien sûr
dans le Nom de Jésus, la joie, la force et l'espérance.»
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J'ai
puisé dans le psaume 22 (Le Seigneur est mon berger) la force de mon
OUI, (lors de son élection comme Supérieure générale). J'ai
compris que le berger était au service de ses brebis. J'ai
essayé d'être
une femme de service avec le
coeur du bon Berger. Les
valeurs qui me tenaient à coeur étaient: le service, la délicatesse,
l'écoute,
la compréhension, la miséricorde […]
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Avec Lui, je n'ai
manqué de rien. Ainsi ai-je
pu traverser les heures les plus sombres, aussi bien que les saisons de
joie. J'ai
connu le ravin de l'angoisse,
le passage étroit de la maladie, la pente étroite du doute. Alors, j'ai
essayé de ne pas considérer mes pauvres forces physiques, morales et
spirituelles sans lancer au Berger le cri de ma foi en Lui :
Toi,
tu es toujours avec moi, je ne crains aucun mal.
«Je peux résumer ma vie par la puissance du Nom
de Jésus. Ma croyance la plus
profonde
est que Jésus m'a
fait la grâce de son Nom. C'était
comme un feu dévorant en moi.
Il
m'a
confié la mission de promouvoir l'amour
de son Nom pour le temps et l'éternité.
Même après mon décès, je veux continuer à faire aimer son Nom.
Je suis convaincue que notre mission ne se termine pas le soir du
grand passage,
elle ne fait que se continuer, s'approfondir
et se purifier […]
Je pars en apportant avec moi un grand désir.
Avec mon coeur de
Soeur de la Charité de Saint-Louis, je vais
continuer au ciel à intercéder avec vous
par la puissance du Nom de
Jésus, Nom qui guérit, qui libère, qui fait entrer dans le mystère
pascal. Je vous demeure très
présente... Merci pour l'amour
que vous m'avez
donné. Je vous redis une
dernière fois toute mon affection.»
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