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à Soeur Marguerite Larochelle, c.s.l.
(Sainte-Marie-Madeleine)  

 

Soeur Marguerite Larochelle s.c.s.l. supérieure générale de la congrégation pendant douze ans, de 1976 à 1988, 
est décédée le 14 août 2005.  
 Ses funérailles, à la chapelle de la Maison provinciale de Lévis,
ont été présidées par Mgr Maurice Couture, 
archevêque émérite de Québec.  

Ce temps de rassemblement a été, tant par la présence cordiale
de Mgr Couture que par le déroulement de la prière liturgique 
et la nombreuse assemblée, un véritable et fraternel hommage
 à Soeur Marguerite. Son décès a été l'occasion de rappeler bien 
des événements de congrégation dont Soeur Marguerite a été l'nspiratrice et aussi des moments vécus au quotidien avec ses soeurs, 
des membres de sa famille,des amis et amies, 
des anciens et anciennes élèves.


Notre reconnaissance pour la qualité de ses services empreints de l'amour de Mère Saint-Louis
 et de sa congrégation pourrait s'exprimer, soit par le récit de sa belle vie d'éducatrice et de supérieure à différents niveaux, soit par son Testament spirituel adressé aux soeurs, parents
 et amis.  Soeur Marguerite choisirait sans doute la deuxième option dont quelques extraits 
nous révéleront ses valeurs humaines, évangéliques et religieuses.


«Je fais de mon testament une reconnaissance à Dieu
dont la grâce ne m’a jamais manqué.»

«Les valeurs qui ont marqué ma vie, que j'ai continué de faire grandir et d'approfondir tout au long de ma vie religieuse, c'est à la maison que je les ai apprises, 
au coeur de ma famille à Lévis.

«J'ai beaucoup écouté.  Si vous saviez comme j'ai essayé de le faire avec tout mon coeur.
Pour moi, écouter c'est entendre des sons que la personne n'exprime pas, c'est laisser monter en moi une résonnance unique provoquée par la signification profonde de son échange. 
Ecouter une personne, c'est dépasser l'expression écrite ou verbale, c'est aller plus loin pour saisir son coeur qui n'arrive pas toujours à tout exprimer.  Pour moi encore, écouter, 
ce n'est pas donner des réponses, mais très souvent prier en mon coeur tout en accueillant profondément la personne et son vécu.»  

«J'ai cette conviction profonde : croire en la personne c'est la faire grandir; 
arrêter de croire, c'est la faire mourir.»

J'ai été une femme heureuse et bien dans sa peau.  Ce qui m'a aidée, c'est une toute petite question que je me posais: Ce que tu penses, Marguerite, est-ce que ça te fait vivre?... 
Une autre de mes grandes convictions était que je suis responsable en grande partie 
de mon bonheur.  Qu'est-ce que je veux dire par là?  J'ai quelque chose à faire pour me 
rendre heureuse plutôt que d'attendre que cela vienne des autres.»

«J'ai essayé de vivre mon nom de Soeur de la Charité.  Je résume cette valeur par une petite phrase que ma mère nous a répétée de nombreuses fois et qui m'a profondément marquée.  Comme elle était irlandaise, elle nous disait en anglais : A Charity begins at home
La charité commence chez soi.  J'ai aimé là où j'étais.»

«Une autre de mes grandes valeurs était ma foi en Jésus ressuscité au coeur du quotidien. 
  Cela venait donner un sens à mes croix.  Il est vrai que la croix fait partie des voies incompréhensibles du Seigneur...  J'ai donc uni ma souffrance à celles des personnes qui partagent dans leur chair, les croix de la maladie, de l'incompréhension, du rejet, du manque d'amour, en union avec Mère Saint-Louis.»

«L'amour de l'Eucharistie est un autre héritage que j'ai reçu de mon père et de ma mère. 
Quelle joie de constater l'importance accordée par Mère Saint-Louis à ce même amour
de l'Eucharistie! Au cours de mon pèlerinage terrestre, je me suis approchée chaque jour 
de Jésus Eucharistie.  J'ai puisé  dans la Parole, dans le Pain et le Vin, dans la vie communautaire, dans l'amitié et bien sûr 
dans le Nom de Jésus, la joie, la force et l'espérance.»

J'ai puisé dans le psaume 22 (Le Seigneur est mon berger) la force de mon OUI, (lors de son élection comme Supérieure générale). J'ai compris que le berger était au service de ses brebis.  J'ai essayé d'être une femme de service  avec le coeur du bon Berger.  Les valeurs qui me tenaient à coeur étaient: le service, la délicatesse, l'écoute, la compréhension, la miséricorde […]

Avec Lui, je n'ai manqué de rien.  Ainsi ai-je pu traverser les heures les plus sombres, aussi bien que les saisons de joie.  J'ai connu le ravin de l'angoisse, le passage étroit de la maladie, la pente étroite du doute.  Alors, j'ai essayé de ne pas considérer mes pauvres forces physiques, morales et spirituelles sans lancer au Berger le cri de ma foi en Lui : 
Toi, tu es toujours avec moi, je ne crains aucun mal
.

«Je peux résumer ma vie par la puissance du Nom de Jésus.  Ma croyance la plus profonde 
est que Jésus m'a fait la grâce de son Nom.  C'était comme un feu dévorant en moi.  
Il m'a confié la mission de promouvoir l'amour de son Nom pour le temps et l'éternité.  
Même après mon décès, je veux continuer à faire aimer son Nom.  
Je suis convaincue que notre mission ne se termine pas le soir du grand passage, 
elle ne fait que se continuer, s'approfondir et se purifier […]

Je pars en apportant avec moi un grand désir.  Avec mon coeur de 
Soeur de la Charité de Saint-Louis, je vais continuer au ciel à intercéder avec vous 
par la puissance du Nom de Jésus, Nom qui guérit, qui libère, qui fait entrer dans le mystère pascal.  Je vous demeure très présente...  Merci pour l'amour
que vous m'avez donné.  Je vous redis une dernière fois toute mon affection.»


Soeur Marguerite, recevez l'expression de notre reconnaissance 
pour votre témoignage de vie selon l'esprit des Soeurs de la Charité de Saint-Louis.
Ne nous oubliez pas maintenant que vous êtes  auprès du Père. 
La parole de saint Paul s'applique à votre vécu :

Nous nous souvenons de ta vie active,
de ta charité qui se donne de la peine,
de ton espérance qui tient bon en
Notre SeigneurJésus-Christ
(1 Th 1,3)
(Propos recueillis par
Marie-Michelle Laflamme, s.c.s.l.