En route pour le Canada   La traversée   Sainte-Adélaïde de Pabos   Première démarche
Lettre de Mère Marie-Fidèle   Ouverture de l'école   Départ du 2e groupe   Arrivée du 2e groupe  
 
Séjour à Halifax  Voyage à Rimouski   Lettre du 26 mars de Mère Marie-Fidèle   Une fin d'année difficile   
9 octobre 1897  Vers l'Angleterre   Arrivée à Minehead   Une rencontre déterminante   
Questions devant l'inconnu...    Sr Marie de Jésus, déléguée de Mère Marie-Fidèle   Nouveaux essais  
Tentatives de Mgr F.X. Bossé
   Des offres insolites   Acceptation par Mgr L.N. Bégin  
 
Le rameau Nord américain prend racine 
  Célébration du 25 mai 2002    Arbre du Centenaire 

   

   



 

Louis-Nazaire Bégin
1840 - 1925
Évêque de Chicoutimi 1888-1898
Archevêque de Québec 1898-1925
Cardinal en 1914

 

Visite à Mgr Louis-Nazaire Bégin 

L’accueil fut assez bienveillant; Son Excellence Révérendissime leur dit qu’il était à craindre qu’elles ne puissent se développer convenablement dans son diocèse où, déjà, il avait accepté trois Congrégations françaises.

Cependant, ajouta-t-il, allez à Pabos, examinez toutes choses, voyez ce que vous pouvez y faire et vous me le direz. Sur ces bonnes paroles, les Sœurs se crurent sauvées; en un bond, elles furent à Pabos.  La bonne nouvelle y fut reçue avec enthousiasme : on croit si facilement ce que l'on désire!  les Sœurs se voyant déjà titulaires de Pabos, commencèrent à faire des matelas de varech, commencement d’aménagement du couvent. (R-2)


Voyage de Sr Marie de Jésus aux Soeurs demeurées à Halifax

Soeur Marie de Jésus jugea bon d’aller porter aux Sœurs d’Halifax un peu d’air du pays… Elle s’embarqua donc à Grande Rivière.   La petite rade de Port-Daniel, où le bateau s’arrêta un instant dans la soirée, est tout ce qu’on peut voir de plus beau.    Elle put aussi admirer jusqu’à Dalhousie la magnifique côte de la Baie des Chaleurs avec ses promontoires, ses baies et ses cours d’eau. 

Dans ce voyage, la religieuse française eut l’occasion de constater une fois de plus la charité, même la délicatesse des Canadiens vis-à-vis des religieuses françaises : elle voyageait seule, par économie et restait tard sur le pont, où déjà elle s’endormait, lorsqu’elle sent qu’on lui parlait. Un monsieur s’approche et lui dit : «Ma sœur si vous désirez une cabine, mes amis et moi nous vous la paierons».  «Merci, Monsieur, j’aurais peur, je n’ose pas rester seule».  Il comprit, lui montra le salon où il y avait nombreuse compagnie et lui remit une aumône pour l’aider à payer sa place. Le matin, on atteignit Dalhousie et le soir*, les sœurs étaient réunies. Six  mois s’étaient écoulés depuis leur départ en décembre 1902…(R-2)
Voyage en train de 650 km  à 700 km   (environ 12 heures).

Un peu d'air de France

Un jour, par une fenêtre les sœurs aperçurent un drapeau français : où était-il? Il fallut le trouver tout de suite : il était dans le port où il surmontait un bateau français Le Pouyer Kertier qui, à cette époque, relevait des câbles télégraphiques dans l’Atlantique.

Elles découvrirent sur ce bateau des marins bretons, des officiers français : «Ma Sœur, moi je suis de Morlaix»   «Moi, je suis de Quimper». Les officiers proposèrent à leurs compatriotes de visiter le bateau et de goûter avec eux, ce qu’elles acceptèrent de bon cœur. Elles revinrent joyeuses : elles avaient respiré l’air du pays…  Mais, il était temps d'aller à Rimouski. (R-2)

Lettre de Mère Marie-Fidèle


Vannes, mars 1903

Je soussignée, Supérieure générale des Soeurs de la Charité de Saint-Louis, présente mon très profond respect à nos Seigneurs les Archevêques et Évêques qui liront la  présente.
Je recommande à leur charité et bienveillance, notre chère Marie de Jésus, Conseillère et Directrice du noviciat, qui, munie de notre autorité veut bien se dévouer aux intérêts de notre Congrégation en cherchant à nos religieuses expulsées de leurs maisons respectives, un lieu où elles puissent travailler à la Gloire de Dieu, en élevant et instruisant les enfants.
  
                                                Sr Marie- Fidèle, Sup. gén.
(RCG)

Lettre de J.L. Guénédal,


Vannes le 17 mai 1903

J’ai l’honneur de recommander très instamment au bienveillant accueil des Monseigneurs les Archevêques et Évêques des Etats-Unis et du Canada la Soeur Marie de Jésus, religieuse de la Congrégation de la Charité de Saint-Louis, Maîtresse du Noviciat de la dite Congrégation et membre du Conseil. Elle a été spécialement déléguée par nous pour se rendre en Amérique, dans le but d’y fonder, avec le consentement des Supérieures ecclésiastiques, des établissements d’instruction et de charité.

La Maison Mère de la Congrégation de la Charité de Saint-Louis pourrait, en ce moment, fournir des Religieuses possédant toutes les qualités requises pour diriger des écoles, des ouvroirs et des orphelinats. 

Le Supérieur de la Congrégation
J.L. Guénédal,
Chanoine, vicaire général hon.
(RC
G)

 Lettre de Mgr Louis-Nazaire Bégin à Mgr André-Albert Blais

La présente lettre vous sera remise par deux bonnes religieuses françaises des Sœurs de la Charité de Saint-Louis dont la Maison Mère est à Vannes.

Ces excellentes religieuses, indignement persécutées en France sont obligées de chercher un refuge ailleurs. Deux d’entre elles sont déjà à Ste-Adélaïde de Pabos, dans votre diocèse, et y sont bien vues de la population. Je connais leur vie humble et pauvre, leur dévouement sans bornes, leur habilité à enseigner, elles sont très appréciées en France – ne pourriez-vous pas les laisser à leur poste dans la Gaspésie? Qui sait si plus tard cette fervente communauté ne pourrait pas rendre d’inappréciables services dans cette partie de votre diocèse? Ces religieuses sont accoutumées à une vie dure; elles sont prêtes à tous les sacrifices.

Si je ne venais d’admettre trois nouvelles communautés – Sœurs Blanches, Cisterciennes et Sœurs de St-Joseph – je tâcherais de leur trouver un petit gîte quelque part dans mon diocèse. Elles me font compassion, il me semble que votre bon cœur va être également touché de tant d’infortune et leur donnera un accueil bienveillant et charitable. Pauvre France! Faut-il qu’elle soit arrivée au point de chasser ses meilleurs enfants! Et pauvres religieuses! Les voilà obligées de s’exiler, après avoir passé, comme le divin Maître, en faisant le bien.

Je prie votre Grandeur de me pardonner cette lettre qui n’a d’autre but que la pure charité et d’agréer l’expression de mes sentiments les plus respectueusement dévoués en Notre Seigneur,

L.N. Bégin
Archevêque de Québec.
(RCG)

 

Dernière tentative auprès de
Mgr André-Albert Blais, évêque de Rimouski


Cette fois, il leur dit la vérité sans ambages…
Soeur Marie de Jésus emmena avec elle Sœur Saint-Pascal.  Les deux voyageuses reçurent l’hospitalité dans une communauté de la ville et se présentèrent le lendemain à l’évêché. Son Excellence les reçut paternellement, mais leur dit sans ambages que son Conseil refusait de les admettre dans son diocèse, pour des raisons qu’elle leur expliqua … Combien le refus de Mgr Blais nous fut pénible, je ne saurais le dire : c’était le renversement de nos plus chères espérances, la déception que nous n’attendions pas. (R-2)

Les Soeurs de la Charité de Saint-Louis pourront-elles s'implanter au Canada?  Autres recherches...  

SCSL au Québec