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Vannes, le 26 mars 1903 |
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Monseigneur,
J’apprends que vous n’avez pas cru devoir considérer comme demande officielle d’entrer dans votre diocèse, la lettre que j’eus l’honneur de vous écrire en janvier dernier, bien qu’elle fut telle ou mon intention.
En effet, Monseigneur, j’étais convaincue que des démarches avaient été faites près de vous par Monsieur le Curé de Sainte Adélaïde de Pabos, et que vous nous acceptiez en principe, tout en craignant pour nous des désillusions regrettables. C’est pourquoi je crus bon d’envoyer immédiatement à Sainte Adélaïde deux Sœurs pour examiner la situation et m’en faire un rapport exact et minutieux; et c’est après avoir reçu ces renseignements, que je m’empressai de vous écrire ma lettre du 7 janvier, Monseigneur.
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Mère
Marie-Fidèle
Supérieure générale
1875-1906
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Nos Sœurs déléguées, dès leur arrivée à Pabos vous avaient fait parvenir, par l’entremise de Monsieur le Curé, la recommandation de Monseigneur l’Évêque de Vannes. Elles se réservaient d’aller présenter elles-mêmes leurs hommages à Votre Grandeur dès que la saison leur permettrait le voyage à Rimouski.
Si dans toute cette affaire, il y a quelque chose qui ait pu vous contrister, Monseigneur, je le regrette sincèrement et vous en demande très humblement pardon, en vous protestant de ma bonne foi, et vous priant de ne voir en tout cela qu’un malentendu.
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En d’autres temps, Monseigneur, je me serais inclinée humblement devant la décision de Votre Grandeur, remettant discrètement à plus tard de solliciter de vous la consolation de travailler à l'éducation chrétienne des petits enfants de la Gaspésie, mais les Congrégations religieuses traversent maintenant une telle crise dans notre pauvre France que je ne puis résister au mouvement qui me pousse à frapper de nouveau à la porte de votre cœur d’Évêque qui, j’en ai la douce confiance, ne rejettera pas la supplique que je lui adresse au Nom du Cœur adorable de Notre Seigneur Jésus Christ. Vous avez bien voulu
faire espérer nos Sœurs que plus tard il vous serait possible de nous employer.
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J’ose vous demander, Monseigneur, que ce soit dès maintenant que je n’aie pas la douleur de me voir obligée de rappeler mes deux religieuses, au moment où nous allons avoir bon nombre de nouvelles maisons fermées.
Mes Religieuses ne demandent qu’à travailler à la Gloire de Dieu; me verrai-je donc dans la douloureuse nécessité de les renvoyer au monde qu’elles ont quitté? Non, vous ne le voudriez pas, Monseigneur. C’est ce qui me porte à vous ajouter que nous ne sommes pas embarrassantes : nos Sœurs aiment le travail; nous vivons pauvrement, nous espérons n’être à charge de personne.
Je veux croire que votre Paternité sera heureuse de le constater un jour. Dans l’espoir d’une réponse favorable, je m’incline, vous priant de me bénir, Monseigneur, et de daigner agréer, l’expression du très profond respect avec lequel j’ai l’honneur d’être de Votre Grandeur, la très humble servante. (C-2)
Sœur Marie Fidèle,
Supérieure générale
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