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Lettre de Mère Marie-Fidèle   Ouverture de l'école   Départ du 2e groupe   Arrivée du 2e groupe 
Séjour à Halifax  Voyage à Rimouski   Lettre du 26 mars de Mère Marie-Fidèle  Une fin d'année difficile 
9 octobre 1897  Vers l'Angleterre   Arrivée à Minehead   Une rencontre déterminante  
 
Questions devant l'inconnu...
   Sr Marie de Jésus, déléguée de Mère Marie-Fidèle   Nouveaux essais   
Tentatives de Mgr F.X. Bossé   Des offres insolites   Acceptation par Mgr L.N. Bégin  
 
Le rameau Nord américain prend racine   
Célébration du 25 mai 2002    Arbre du Centenaire 



L’incertitude est grande. L’anxiété ne manque pas. Mais, c’est avec beaucoup d’enthousiasme que les Sœurs prennent la direction de l’école.


Escomptant un meilleur avenir, Monseigneur Bossé mit les Sœurs à l’ouvrage; elles ne demandaient pas mieux et prirent possession de l’école du village, le premier décembre 1902. De trente, le nombre des enfants ne tarda pas à atteindre soixante-quatorze. (…) Le progrès rapide des élèves diminuait de beaucoup la fatigue des institutrices. Les élèves étaient très dociles; ils aimaient et respectaient les religieuses.
(R-2)

Tous savent l’anglais et le français, et ils sont peu avancés, mais ils ont l’air intelligent en général, et j’espère que tout ira bien si le Bon Dieu veut bien écouter nos prières. (C-1)

Au printemps, la petite école comptait 103 élèves.
(R-1)
En décembre 1902 : 30 élèves
En juin 1903 :  103 élèves

   

École bien primitive d’une seule pièce, et n’ayant pas une seule fenêtre qui put s’ouvrir. Cependant, les institutrices restaient dans cette petite salle, au milieu de leurs élèves, depuis
 8 h du matin jusqu’à 4 h du soir ; elles y prenaient même leur repas de midi et eurent plus d’une fois la surprise de trouver leur pain glacé dans la boîte qui contenait leurs provisions.

Heureusement, le divin Maître veillait sur ses épouses, les santés se maintinrent, et tout 
eût été pour le mieux, s’il n’y avait toujours eu un gros nuage du côté de Rimouski.
(R-1)


Le jour même de l'ouverture de l'école, Soeur Sainte-Eugénie  partage ses joies et ses angoisses dans une lettre à Mère Candide de Jésus, des Soeurs Servantes du Saint-Coeur de Marie.  (Cette religieuse, qui  sera présentée ultérieurement, a contribué par ses informations,  à l'implantation des Soeurs de la Charité de Saint-Louis en Amérique du Nord).

 
   Ma bonne Mère,

Sainte Adélaïde, 1er décembre 1902

Dans la perplexité où nous nous trouvons actuellement, j’ai recours à vous et à vos bonnes religieuses, pour vous prier de joindre vos prières aux nôtres en faveur de notre œuvre.  

Je n’ai pas vu Monseigneur de Rimouski, c’est vrai, et comme vous, j’ai regardé cela comme un dessein de la divine Providence,
mais j’ai dû lui écrire samedi; peut-être aurais-je mieux fait de le faire plus tôt, (…) j’attends la réponse avec inquiétude, me confiant cependant complètement en la maternelle bonté de notre doux Sauveur Jésus.  

Soeur Candide de Jésus
des Soeurs Servantes du
Saint-Coeur de Marie

Savez-vous que plus d’une personne craint que nous n’ayons un refus d’établissement ici ?...à tel point que le président des commissaires, que nous avons vu ce soir a refusé de partager l’école en deux par une cloison avant que nous ayons eu une réponse de Mgr Blais. Et ce monsieur a été très bienveillant et nous a accordé tout le reste.

Vous jugez, ma Mère de mes angoisses.  Oh ! Je le sais, le Bon Dieu a ses vues infiniment adorables, et je l’ai prié bien souvent et ardemment de ne pas permettre que nous nous établissions au Canada si nous ne devions y faire du bien, mais je vous avoue, ma Mère, que je trouve l’épreuve bien forte, d’autant plus que Monseigneur Bossé souffre à cause de nous et autant que nous. Et il est si bon !

Nous logeons au presbytère où nous sommes comblées d’attentions et de prévenances. Nous avons commencé l’école aujourd’hui même, pas besoin de vous dire que les enfants sont enchantées, c’est du nouveau.

Inutile de vous dire que je n’ai pas parlé de mon gros souci à ma Révérende Mère, j’attends la réponse pour la mettre au courant des faits. Pauvre Mère ! Si elle savait notre angoisse !

Je compte sur vos prières, ma bonne Mère et je vous promets de vous faire connaître l’issue de cette affaire dès que je la connaîtrai moi-même.

Merci ! Oh ! Merci ! De l’intérêt que vous nous portez; le Bon Dieu vous bénira pour votre charité, et moi, ma Mère, je vous renouvelle l’assurance de ma reconnaissante affection en N. S.


Sœur Sainte Eugénie, (11 heures du soir).

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