En route pour le Canada   La traversée   Sainte-Adélaïde de Pabos   Première démarche
Lettre de Mère Marie-Fidèle   Ouverture de l'école   Départ du 2e groupe   Arrivée du 2e groupe 
Séjour à Halifax  Voyage à Rimouski   Lettre du 26 mars de Mère Marie-Fidèle  Une fin d'année difficile 
9 octobre 1897  Vers l'Angleterre   Arrivée à Minehead   Une rencontre déterminante  
 
Questions devant l'inconnu...
   Sr Marie de Jésus, déléguée de Mère Marie-Fidèle   Nouveaux essais   
Tentatives de Mgr F.X. Bossé   Des offres insolites   Acceptation par Mgr L.N. Bégin  
 
Le rameau Nord américain prend racine   
Célébration du 25 mai 2002    Arbre du Centenaire 

Le silence du côté de Rimouski pèse lourd depuis novembre 1902. 
L’Angleterre s’est montrée accueillante, pourquoi le Canada n'ouvrirait-il pas ses portes
aux Soeurs de la Charité de Saint-Louis?  Mère Marie-Fidèle ne s’avoue pas vaincue.

Le 10 avril 1903, Mère Marie-Fidèle décide d'écrire à 
Mgr Louis-Nazaire Bégin, archevêque de Québec, pour le supplier au nom de son amitié
 envers son cher cousin, Mgr Bécel, de lui venir en aide.

 

Lettre de Mère Marie-Fidèle à Mgr Louis-Nazaire Bégin

Vannes, 10 avril 1903

Monseigneur,

Mes deux religieuses canadiennes qui ont eu l’honneur et le bonheur de vous voir au mois de novembre 1902, me firent connaître avec quelle paternelle bonté Votre Grandeur daigna les accueillir. Si j’avais suivi mon cœur, je vous aurais immédiatement écrit pour vous en témoigner ma reconnaissance! Aujourd’hui, Monseigneur, je viens recourir à votre paternité avec la plus entière confiance : Notre Seigneur m’honore d’une parcelle de sa croix aux jours de ses douleurs !

Mgr Jean-Marie Bécel

Mgr Jean-Marie Bécel
1825-1897
Évêque de Vannes 1866-1897
Supérieure de la Congrégation
Cousin-germain de Mère Marie-Fidèle

Plusieurs de nos maisons sont fermées!  Il faut que je cherche où caser mes religieuses.  Ma pensée se reporte comme naturellement vers vous, Monseigneur.  Je dis «naturellement» veuillez me pardonner, je vous le demande par la mémoire de
Mgr Bécel, mon vénéré cousin, que vous honorâtes de votre amitié*. Il me semble que du haut du ciel, où je crois être sa chère âme, il prie son vénérable ami de venir en aide à sa chère cousine pour qui il fut successivement un frère et un père.  Nommé évêque de Vannes, il accepta d’être le Supérieur de la Congrégation dont j’ai la charge ! Oh ! qu’il me manque !

C’est en son nom et au mien que je viens vous demander, Monseigneur, s’il ne vous serait pas possible de recevoir quelques-unes de nos Sœurs dans votre archidiocèse; elles ne seront pas encombrantes, elles travailleront,  nous vivons modestement. Le but de notre Institut est l’éducation des petites filles, principalement des pauvres. La chère Sœur Candide de Jésus, religieuse que vous honorez de votre haute estime, Monseigneur, a été élevée dans l’une de nos maisons, elle pourrait au besoin vous parler des Sœurs de la Charité de Saint-Louis.  Si, comme j’ose l’espérer, votre Grandeur nous donnait quelqu’espoir, nous prendrions nos dispositions pour la fin de l’année scolaire : juillet et août.  On tolère jusqu’à cette date certaines de nos écoles.

Mon cœur s’ouvre à la confiance, Monseigneur, et me porte à vous dire ma peine tout entière : Monseigneur l’Évêque de Rimouski ne permet pas que nos Sœurs s’établissent définitivement à Sainte-Adélaïde de Pabos où elles sont aimées et respectées des parents et des enfants. Le bon Mgr Bossé, curé de la paroisse, a fait tout ce qu’il a pu près de son Évêque qui persiste à ne pas vouloir admettre les membres d’une troisième congrégation dans son diocèse. Nos Sœurs ont pris un engagement pour jusqu’à la fin de l’année scolaire. Il faudra qu’alors elles trouvent gîte quelque part ailleurs. Vous leur aviez prédit des croix, Monseigneur, elles se le rappellent et disent : Vive Jésus et sa Croix !

Daignez agréer, Monseigneur, avec l’hommage de mon très profond respect, l’expression de ma sincère gratitude pour vos bontés envers mes filles, et pour celles qu’attend de votre grand cœur leur pauvre Mère, votre très humble servante. (RCG)

Sœur Marie-Fidèle
Supérieure générale

Mgr Jean-Marie Bécel et Mgr Louis-Nazaire Bégin se sont connus
    quand ils étaient aux études à Rome 

 


L’Archevêque répond une bonne lettre à Mère Marie-Fidèle; mais il ne peut rien pour nous dans son archidiocèse; il va nous falloir chercher ailleurs.
(RCG)

Mère Marie-Fidèle lance un appel du côté de la Roumanie.  Le 27 mai 1903, elle s’adresse à Monseigneur F. Xavier de Homstein, Archevêque latin de Bucarest :

 

Lettre de Mère Marie-Fidèle à Mgr F. Xavier de Homstein

 

Vannes, 27 mai 1903

Éminence,

La crise douloureuse que traversent les Congrégations religieuses en France, ne doit pas être inconnue de votre Grandeur. Plusieurs de nos maisons sont fermées, d’autres vont l’être incessamment. Mes Sœurs veulent rester fidèles aux Saints Vœux qu’elles ont faits au Seigneur; elles désirent travailler à sa gloire en continuant à s’occuper de nos œuvres : orphelinats, instruction des enfants, surtout des enfants pauvres.

L’une de mes religieuses a une parente à Craiova; celle-ci l’engage à ce que nous allions en Roumanie, lui disant que nous pourrions y faire du bien. {…} Veuillez me permettre de recommander ma Congrégation à vos ferventes prières. {…}
(RCG)

Sœur Marie-Fidèle
Supérieure générale

 

 

La réponse de l'archevêché de Bucarest est datée du 17 juin 1903 

Madame la Supérieure,

C’est avec le plus grand plaisir que Mgr l’Archevêque vous recevrait en Roumanie, si cela lui était possible. Il y aurait certainement du bien à faire, et vos bonnes Sœurs seraient chez nous, à la hauteur de leur tâche. Mais nous ne pouvons malheureusement rien faire pour le moment dans le sens que vous nous indiquez, parce qu’il nous faudrait l’autorisation de l’État roumain et qu’il la refuserait sûrement. Nous en avons déjà fait l’expérience {…} Mgr l’Archevêque ne peut donc que compatir vivement à vos douloureuses épreuves et prier le Seigneur d’en abréger la durée. {…} 

J. Bandelier, Chancelier
Archevêché de Bucarest, No 466 (RCG)