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Pensées de Mère Saint-Louis
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9-   LA CRÉATION

Prenons quelques secondes  pour demander les lumières de l’Esprit Saint et relire ce récit au Livre de la Genèse 1, 1 - 2, 4a, afin d’en saisir le sens pour en nourrir notre prière.

Ce récit est du gendre littéraire poétique.  Placé au début de la Bible dans la Genèse, il est en fait une introduction à la Bible, résumant en une semaine l’action créatrice de Dieu et donnant ainsi un
sens à tout le devenir de l’humanité.

En créant la lumière et en la séparant des ténèbres, l’auteur biblique me dit que toute lumière vient de Dieu et m’annonce Jésus qui se proclamera la Lumière du monde : «Tant que je suis dans le monde, je suis la Lumière du monde»  (Jn 9, 5).  Il nous faut alors, selon l’enseignement de Jésus, nous demander ce que nous avons fait de la Parole de Jésus. L’avons-nous  mise comme la lampe sous le boisseau ou sur le lampadaire pour qu’elle éclaire tous ceux que nous rencontrons?
(Mt 5, 14-16) 

Poursuivons la lecture de notre récit Genèse 1, 6-10. En me parlant de la création de l’eau, l’auteur biblique m’annonce Jésus donnant de cette eau vive jaillissante en vie éternelle (Jn 4 - récit de la Samaritaine). C’est tout le sens du baptême de Jésus et de mon baptême, du verre d’eau donné au nom de Jésus, de l’eau sortie du côté de Jésus, promesse de l’Esprit Saint…qui nous permettent de partager cette Vie éternelle annoncée par Jésus. A chacun de retrouver le signe de l’eau, don de Vie et don de l’Esprit, apporté par Jésus.

Dieu appela «terre», lieu du mystère de l’Incarnation dans notre monde où Jésus s’incarnera pour le salut de l’humanité. Tout l’enseignement du récit de la création nous parle de Jésus dans notre monde. Georges AUZOU nous dit dans son  volume : De la servitude au service*, que toute la Bible est écrite pour nous parler de Jésus et que toute l’Écriture est toujours en voie d’accomplissement dans l’Église et dans nos vies.  Regardons quelques thèmes dans ce grand ensemble :  

en créant la verdure Dieu m’annonce le blé qui fournira le pain de l’homme, la vigne qui donnera le bon vin, mais Il m’annonce plus encore le pain qui deviendra le Corps de Jésus et le vin qui deviendra son Sang dans le mystère de l’Eucharistie…Nous sommes les invités à ce festin (Mt 22, 2-12).   Comment ne pas rendre grâce au Père de nous avoir donné un si grand mystère !

dans cette verdure créée pour notre vie et notre bien-être, Dieu nous annonce l’Arbre de la Croix, mystère de la Rédemption pour le rachat de tous les humains.
(1 Tm 2, 4)

avec tous les êtres vivants de la terre  (Gn 1, 20ss), Dieu me parle encore de Jésus, Agneau pascal offert en sacrifice, immolé en croix pour le salut de tous les humains, à l’heure où dans le Temple de Jérusalem on immole l'Agneau pascal. C’était notre Rédemption qui s’opérait et qui déjà nous est annoncée au récit de la Création.

dans la création de l’être humain, homme et femme, créé à l’image de Dieu, comment ne pas comprendre que dans cette humanité, à travers cette longue lignée de croyants qu’il s’est choisi, Dieu nous donne son Fils s’incarnant dans notre monde, homme parfait, sans péché, proclamé prophétiquement par Pilate au cours de la Passion : «Voilà l’Homme !» (Jn 19, 5)…. Tel que voulu par Dieu dès les origines, mais défiguré par le péché et recréé en Jésus ! 

Combien d’autres symboles peuvent être découverts dans ce texte…Que l’Esprit vous  vienne en aide pour en découvrir toute la richesse.  

*AUZOU, Georges, De la servitude au service.  Étude du livre de l'Exode.  Paris, Éditions de l'Orante, 1961, 423p.

10-  QUI CRÉA DIEU ?

Bonjour, 

Votre question relève plus de la philosophie que de la connaissance de la Bible.  C’est pourquoi je vous propose  un traité de philosophie * et  je me limiterai à vous citer un texte de saint Augustin se posant la même question que vous.  Je vous transmets aussi un article du Petit dictionnaire encyclopédique de la Bible*  nous parlant de Dieu.  Si vous désirez aller plus en profondeur, je vous suggère le site des Dominicains, où vous trouverez la page  Aide spirituelle :     
           
                                                                                                   http://www.spiritualite2000.com/  

TEXTE DE SAINT AUGUSTIN

Mais qu'est-ce donc que j'aime en t'aimant ? J'ai interrogé la terre et elle m'a répondu :


«Ce n'est pas moi ton Dieu. »

Tout ce qui était à sa surface m'a fait la même réponse. J'ai interrogé la mer et ses abîmes et les êtres animés qui y évoluent, et ils m'ont répondu :


«Nous ne sommes pas ton Dieu cherche plus haut que nous.»

J'ai interrogé les souffles aériens, et le royaume de l'air avec ses habitants m'a répondu 

 
«Je ne suis pas ton Dieu. »

J'ai interrogé le ciel, le soleil, la lune, les étoiles, et ils m'ont affirmé :

«Nous ne sommes pas non plus le Dieu que tu cherches.»

Alors j'ai dit à tous les êtres qui assaillent les portes de mes sens «Parlez-moi de mon Dieu puisque vous ne l'êtes point; dites-moi quelque chose de Dieu.» Et ils m'ont crié de leurs voix puissantes :



«
C'est lui qui nous a faits. »

C'était par ma contemplation que je les interrogeais, et leur réponse, c'était leur beauté.
(Saint Augustin  - cf : Prie dans le secret, No 1071)

DIEU

Quelques extraits de l’article du Petit dictionnaire encyclopédique de la Bible qui sont  de nature 
à  aider votre réflexion sur l’Ancien Testament et le Nouveau Testament.
 


I. ANCIEN TESTAMENT

L'A.T. ne prouve pas l'existence de D. par un raisonnement philosophique; il la confesse comme une réalité allant de soi; l'ancien monde sémitique ignore l’athéisme. Les insensés qui disent "il n'y a pas de Dieu". [] Quand l'A.T. fait appel aux miracles de D., il veut montrer aux hommes ce que D. est, et non qu'il est ! On ne spécule pas plus sur la nature de D. [] Mais l'A.T. souligne avec force la différence qu'il y a en D. et l'homme. Yahvé est D. et non un homme (Os 1, 9). Il souligne surtout sa puissance, sa vie et sa sainteté. Par son intervention puissante lors de la délivrance d’Égypte, il a montré la réalité d’un D. qui est et qui agit (Ex 3, 14). []
La création et le gouvernement de l’univers et de tout ce qui vit ne montrent pas moins la puissance de ce D. unique (Ps 19; 104; Jb 38; Gn 1). Par ailleurs, D. est vivant (Os 2, 1 ; Ps 42, 3). Cette vie est un bien propre dont les anciennes formules de serment font état : "Dieu est vivant" (I S 14, 39-45 ; I R 17, 12) ; par là D. se distingue des divinités cananéennes de la nature qui subissent le cycle annuel de la mort et la renaissance, qui ne voient ni n'entendent (Is 44, 9), qui sont impuissantes et décevantes, car elles n'ont pas de souffle en elles (Jr 10,14). Seul le D. vivant auquel l’Israélite se confie (Ps 84, 3; Jb 19, 25-27) est la source de la vie (Ps 36, 10).

Mais ce qui caractérise surtout la nature de D. c'est sa sainteté. Cette sainteté signifie que D. est séparé de toute chose et qu'il est élevé au-dessus tout ce qui est créé et faible.  

Il est le tout Autre (Is 40, 25; 46, 5), l'indicible. […]  Dans le judaïsme, l'accent porte davantage sur la transcendance divine. Ceci amène le judaïsme, dans la LXX, (septante) mais plus encore dans les targums, à éliminer les nombreux anthropomorphismes du texte biblique. []  

2 NOUVEAU TESTAMENT 

Le N.T. emploie pour désigner D. les termes Theos (D.) et Kurios (Seigneur). Jésus emploie surtout le premier et les auteurs du N.T. le second. [] Le premier point de la foi chrétienne est Ie monothéisme (Ac 14, 15 ; Ga 4, 8s; I Th 1, 9). Dans le N.T. on rencontre pour le moins la même notion de D. que dans l'A.T. ainsi que maintes expressions de l'A.T. [] Parmi les attributs divins, la paternité est très soulignée. L'A.T. a déjà connu la paternité divine, qu'il s'agisse d'Israël (Dt 32, 6), des Israélites (Is 63, 16) ou des justes (Sg 2,16), mais cette filiation divine est considérée comme un privilège découlant de l'élection d'Israël. Par contre, Jésus et les apôtres enseignent que D. est le Père de tous les hommes, sans distinction entre Juifs et non-Juifs ou entre pécheurs et justes (Mt 5, 45; Lc 6, 32-36; Ac 17, 28).

Dans un sens plus complet, D. est le Père de tous ceux qui croient en Jésus, l'aiment et accomplissent sa volonté (Mt 7, 21-23; Lc 6, 46; Jn 1,12; Ga 3, 26-28) parce qu'il leur donne son Esprit; par cet Esprit ils deviennent enfants et héritiers (Rm 8, 14-17; Ga 4, 5s).

Le second aspect que le N.T. accentue et met dans une lumière nouvelle est l'amour de Dieu. D. aime tous les hommes sans distinction, au point de donner son Fils pour eux Jn 3, 16). D. est l'amour par excellence (I Jn 4, 8). La nature spirituelle de D. est mieux mise en lumière. Il est non seulement éternel (Rm 16, 26; I Tm 1, 17), sans commencement et fin, transcendant au temps et invisible Jn 1, 18 ; 6,16), il est aussi, explicitement, Esprit Jn 4, 24); il n’est donc pas lié au temps et à l'espace. Le D. invisible et inaccessible s'est révélé dans le Verbe fait chair (Jn 1, 18). (…) L'Église primitive a appris à connaître l’Esprit de Dieu ou le Saint Esprit par les charismes répandus sur elle (Ac 2, 3; I Co 14, 18; Rm 12, 6; I Co 12, 4-11) ainsi que par la régénération des croyants (Rm 8, 14-27), leur sanctification et leur édification (I Co 6, 11 ; 5, 22; Éph 5, 9; I Co 12, 13).

*AUBERT, Jean-Marie, Philosophie de la nature. Propédeutique à la vision chrétienne du monde.Paris,
Beauchesne et ses fils, 1965.

* Petit dictionnaire encyclopédique de la Bible.  Abbaye de  Maredsous. Editons Brépol, 1992.   

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