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I.
ANCIEN TESTAMENT
L'A.T. ne prouve pas l'existence de D. par un
raisonnement philosophique; il
la confesse comme une réalité allant de soi; l'ancien monde sémitique
ignore l’athéisme. Les insensés qui disent "il n'y a pas de
Dieu". […]
Quand
l'A.T. fait appel aux miracles de D., il veut montrer aux hommes ce que
D. est, et non qu'il est ! On ne spécule pas plus sur la nature de D. […]
Mais l'A.T. souligne avec force la différence qu'il y a en D. et
l'homme. Yahvé est D. et non un homme (Os 1, 9). Il souligne surtout
sa puissance, sa vie et sa sainteté. Par son intervention puissante
lors de la délivrance d’Égypte, il a montré la réalité d’un D.
qui est et qui agit (Ex 3, 14). […]
La
création et le gouvernement de l’univers et de tout ce qui vit ne
montrent pas moins la puissance de ce D. unique (Ps 19; 104; Jb 38; Gn
1). Par ailleurs, D. est vivant (Os 2, 1 ; Ps 42, 3). Cette vie est un
bien propre dont les anciennes formules de serment font état :
"Dieu est vivant" (I S 14, 39-45 ; I R 17, 12) ; par là
D. se distingue des divinités cananéennes de la nature qui subissent
le cycle annuel de la mort et la renaissance, qui ne voient ni
n'entendent (Is 44, 9), qui sont impuissantes et décevantes, car elles
n'ont pas de souffle en elles (Jr 10,14). Seul le D. vivant auquel l’Israélite
se confie (Ps 84, 3; Jb 19, 25-27) est la source de la vie (Ps 36, 10).
Mais
ce qui caractérise surtout la nature de D. c'est sa sainteté. Cette
sainteté signifie que D. est séparé de toute chose et qu'il est élevé
au-dessus tout ce qui est créé et faible.
Il
est le tout Autre (Is 40, 25; 46, 5), l'indicible. […]
Dans
le judaïsme, l'accent porte davantage sur la transcendance divine. Ceci
amène le judaïsme, dans la LXX, (septante) mais plus encore dans les
targums, à éliminer les nombreux anthropomorphismes du texte biblique.
[…]
2.
NOUVEAU TESTAMENT
Le N.T. emploie pour désigner
D. les termes Theos (D.) et Kurios
(Seigneur). Jésus emploie surtout le premier et les auteurs du N.T.
le second. […]
Le premier point de la foi chrétienne est Ie monothéisme (Ac 14, 15 ;
Ga 4, 8s; I Th 1, 9). Dans le N.T. on rencontre pour le moins la même
notion de D. que dans l'A.T. ainsi que maintes expressions de l'A.T. […]
Parmi
les attributs divins, la paternité est très soulignée. L'A.T. a déjà
connu la paternité divine, qu'il s'agisse d'Israël (Dt 32, 6), des
Israélites (Is 63, 16) ou des justes (Sg 2,16),
mais cette filiation divine est considérée comme un privilège découlant
de l'élection d'Israël. Par contre, Jésus et les apôtres enseignent
que D. est le Père de tous les hommes, sans distinction entre Juifs et
non-Juifs ou entre pécheurs et justes (Mt 5, 45; Lc 6, 32-36; Ac 17,
28).
Dans un sens plus
complet, D. est le Père de tous ceux qui croient en Jésus, l'aiment et
accomplissent sa volonté (Mt 7, 21-23;
Lc 6, 46; Jn 1,12; Ga 3,
26-28) parce qu'il leur donne son Esprit; par cet Esprit ils deviennent
enfants et héritiers (Rm 8, 14-17;
Ga 4, 5s).
Le second aspect que le
N.T. accentue et met dans une lumière nouvelle est l'amour de Dieu. D.
aime tous les hommes sans distinction, au point de donner son Fils pour
eux Jn 3, 16). D. est l'amour par excellence (I Jn 4, 8). La nature
spirituelle de D. est mieux mise en lumière. Il est non seulement éternel
(Rm 16, 26; I Tm 1, 17), sans commencement et fin, transcendant au temps
et invisible Jn 1, 18 ; 6,16), il est aussi, explicitement, Esprit
Jn 4, 24); il n’est donc pas lié au temps et à l'espace. Le D.
invisible et inaccessible s'est révélé dans le Verbe fait chair (Jn
1, 18). (…) L'Église primitive a appris à connaître l’Esprit de
Dieu ou le Saint Esprit par les charismes répandus sur elle (Ac 2, 3; I
Co 14, 18; Rm 12, 6; I Co 12, 4-11) ainsi que par la régénération des
croyants (Rm 8, 14-27), leur sanctification et leur édification (I Co
6, 11 ; 5, 22; Éph 5, 9; I Co 12, 13).
*AUBERT, Jean-Marie, Philosophie
de la nature. Propédeutique à la vision chrétienne du monde.Paris,
Beauchesne et ses fils, 1965.
* Petit dictionnaire
encyclopédique de la Bible. Abbaye
de Maredsous. Editons Brépol,
1992.
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