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3- |
L'ÂGE
DES PATRIARCHES |
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Je
pense qu'il faut éliminer le fait que les années se comptaient différemment
… Ce sont les solstices et les équinoxes qui marquaient le temps
comme pour nous aujourd'hui… Je n'ai pas connu d'exégète pour
soutenir cette hypothèse.
Le livre de la Genèse est bondé de chiffres fantastiques et nous présente
les figures patriarcales comme ayant vécu un nombre invraisemblable
d'années :
- les anthropologistes y trouveront que l'homme était alors plus fort
qu'aujourd'hui;
- les mathématiciens y chercheront quel système employaient les Hébreux
pour
compter le temps;
- les poètes verront une signification mystérieuse et symbolique
pour tous ces
nombres qui se marient entre eux.
La vraie solution est ailleurs et c'est la Bible elle-même qui la
fournit, si l'on sait lire entre les lignes. Les textes des onze
premiers chapitres de la Genèse sont considérés comme ayant un genre
littéraire parabolique, donc ayant un but d'enseignement.
L'homme est d'abord immortel. Puis, Adam meurt à 930 ans; et, jusqu'à
Noé, cette moyenne se maintient, sauf pour Hénok qui ne meurt pas,
mais est «enlevé» par Dieu dans la «fleur de l'âge» à 365 ans!
Après le déluge et la Tour de Babel,en Gn 10 et 11, la moyenne baisse brusquement : 600 ans pour Sem, 438
pour Arpakshad et 148 (seulement!) pour Nahor.
Après
la désobéissance du premier couple, les hommes commencent à répandre
le péché entre eux : Caïn tue Abel : la haine et le péché vont en
se multipliant. Puis, la corruption de l'humanité atteint un point
insupportable pour Dieu et c'est le déluge. Mais, ce cataclysme ne
change pas la nature profonde
de l'homme et le mal continue son oeuvre. Avec la Tour de Babel, la
confusion venue du mal se disperse sur toute la terre.
On peut donc affirmer que, pour la Bible, la vie décroît à mesure que
s'accroît le péché. La relation est-elle
voulue? Très clairement et par Dieu lui-même : «Que mon esprit ne
soit pas indéfiniment humilié dans l'homme, puisqu'il est chair, sa
vie ne sera que de 120 ans» (Gn. 6, 30).
Ainsi ne cherchons pas midi à quatorze heures pour expliquer la longévité
que la Bible prête aux patriarches. Elle diminue avec la croissance du
mal. La vie s'abrège quand le mal progresse et se multiplie. Les
premiers hommes ont vécu plus longtemps, dit la Bible, parce qu'ils étaient
moins pécheurs que nous. Sous cette image d'une vie longue, il faut
voir la grâce de Dieu et le bonheur de l'âme, de telle sorte que tous
ces chiffres de la Genèse nous enseignent qu'une vie heureuse en fidélité
à l'amour de Dieu est symbolisée par une vie longue, puisque la langue
hébraïque n'a pas de vocabulaire pour les mots abstraits. L'auteur
ne peut pas parler de bonheur avec Dieu ou de malheur dans le péché,
il nous l'illustre avec des chiffres comme ceux-ci. |
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