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21- |
Premier
prototype du Christ |
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Le
premier personnage que l'on peut désigner comme prototype du
Christ, dans l'Ancien Testament, c'est Adam, le premier homme
créé à l'image et à la ressemblance de son Créateur. A
travers ce limon qu'il pétrissait, Dieu entrevoyait déjà le
Christ qui un jour, serait un homme, faisant partie de cette
humanité. Le catéchisme de l'Église catholique aux nos 359 et
504 nous cite l'Apôtre Paul affirmant que : «Jésus est conçu
du Saint Esprit dans le sein de la Vierge Marie parce qu'Il est
le Nouvel Adam qui inaugure la création nouvelle : le premier
homme, issu du sol, est terrestre; le second homme, Lui, vient
du ciel» (1 Co 15, 47). L'Apôtre Paul continue ce
parallèle dans son Épître aux Romains 5, 12 ss, que je vous
invite à lire.
Et saint Pierre Chrysologue ajoute :
«En réalité, c'est seulement dans le mystère du Verbe
incarné que s'éclaire véritablement le mystère de l'homme».
Saint Paul nous apprend que deux hommes sont à l'origine du
genre humain : Adam et le Christ... Le premier Adam, dit-il, a
été créé comme un être humain qui a reçu la vie; le
dernier est un être spirituel qui donne la vie. Le premier a
été créé par le dernier de qui il a reçu l'âme qui le
fait vivre...
Le second Adam a établi son
image dans le premier Adam alors qu'il le modelait. De là vient
qu'il en a endossé le rôle et reçu le nom, afin de ne pas
laisser perdre ce qu'il avait fait à son image. Premier Adam,
dernier Adam : le premier a commencé, le dernier ne finira pas.
Car le dernier est véritablement le premier, comme il l'a dit
lui-même : «Je suis le Premier et le Dernier».
(St Pierre Chrysologue, sermon 117)
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22- |
Un
prophète improvisé : Balaam
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Suivons
notre prophète improvisé dans les récits du Livre des Nombres
ch. 22-24, pour en savoir les détails. Dans la dernière étape
de sa traversée du désert, le peuple d'Israël campe dans les
steppes de Moab. Il est affronté à une épreuve particulière
qui tourne finalement à son avantage : le roi de Moab Balaq
envoie vers Israël un mage «païen», Balaam. Celui-ci a
la réputation solide de devin et de voyant, on veut qu'il
impressionne Israël, cet éventuel envahisseur en l'accablant de
malédictions. Mais, investi par l'esprit du Seigneur, Balaam
finit par bénir Israël et lui promet un avenir de paix et de
prospérité.
Il est difficile de savoir sur quels fondements historiques,
concernant le personnage et l'épisode, l'auteur s'est appuyé.
Le style même du récit, avec ses quatre longs discours incline
à le traiter plutôt comme une parabole, au dessein
théologique évident : Dieu ne se laisse pas impressionner par
les adversaires de son peuple, il est même capable d'en faire
ses prophètes, le jour venu.
Balaam est un mage, un devin, habitué à trouver la source de
ses oracles dans les astres. On peut penser aux mages
mystérieux venus de l'Orient, dont Matthieu nous dit que,
guidés par une étoile, ils sont allés à Bethléem adorer
Jésus nouveau-né (Matthieu
2,1). Balaam s'est
effectivement efforcé de maudire Israël, mais il n'y parvient
pas. Un ange du Seigneur est intervenu pour l'en dissuader; plus
étonnant encore, l'ânesse qui devait le conduire face à
Israël, et qui s'y est refusée, a pris la parole pour
justifier son attitude (v. 22). Ici, la raison profonde du
changement nous est donnée. Il y a un plan de Dieu, qu'il
accomplit comme il l'entend et aucune force magique n'a de
consistance en sa présence.
Les prophètes sont tous en dépendance de l'esprit de Dieu et
Jésus en recevra la pleine et définitive investiture.
Par trois fois dans les Ch 22 et 23, le roi de Moab avait fait
voir le camp d'Israël à Balaam pour qu'il le maudisse et
chaque fois, mû par l'Esprit du Seigneur, Balaam avait répondu
: «Je ferai ce que dira le Seigneur». Au lieu des
malédictions attendues, Balaam prononce des bénédictions et
annonce pour «le lion» d'Israël (23, 24) victoire et
abondance (24, 5-6). Quand Balaq (le roi de Moab) me
donnerait plein sa maison d'argent et d'or, je ne pourrais
transgresser l'ordre du Seigneur et faire de moi-même ni bien,
ni mal. Ce que le Seigneur dira, c'est ce que je dirai...(24,13)
Balaam est saisi par Dieu et par ce qu'il lui fait voir.
C'est à l'époque de David que naît et se développe
l'espérance royale. Le héros, c'est d'abord David lui-même ou
son descendant immédiat; mais peu à peu l'espérance d'Israël
se tournera vers quelqu'un qui doit venir à l'heure prévue par
Dieu, on l'appellera le Messie : voir par exemple le psaume
109
(110).
Balaam garde un langage de mage, mais la réalité est ici tout
autre. L'astre, le héros, le roi issu d'Israël, c'est la même
réalité : ce Messie qui viendra un jour et qui déjà s'est
levé, parce que la promesse de Dieu a commencé à se
réaliser. Elle est en route et rien ne peut plus lui faire
obstacle. Matthieu précisera que «l'astre qui se lève»
(2, 9) mène à Jésus, le Messie en qui ont espéré les
prophètes. Et Luc ajoute : Telle est la tendresse du coeur de
notre Dieu; grâce à elle, du haut des cieux, un astre est venu
nous visiter; il est apparu à ceux qui demeuraient dans les
ténèbres et dans l'ombre de la mort, pour guider nos pas sur
le chemin de la paix.
(Luc 1, 78-79)
Cf. Écouter la bible - no 2 -
Les livres du désert, p. 240 ss.
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