Accueil / SCSL au Québec / Ce qui nous anime / Notre Fondatrice / Notre histoire / Saint Louis
    
SCSL dans le monde / Personnes  associées / SCSL : projets de vie

Pensées de Mère Saint-Louis
/ Événements / Bible / Autres liens   

19- L'Agneau de Dieu
  Nous remarquons que dès les débuts de la Bible, Abel offre à Dieu les prémices de son troupeau 
(Gn 4, 3). Nous voyons se renouveler cette offrande avec Abraham et tous les patriarches. 

Lorsque Dieu eut décidé de délivrer son peuple captif des Égyptiens, il ordonna aux Hébreux d'immoler par famille un agneau sans tare, mâle, âgé d'un an  (Ex 12, 5), de le manger le soir et de marquer de son sang les linteaux de leur porte. Grâce à ce «signe», ils seraient épargnés par l'Ange exterminateur venant frapper tous les premiers-nés des Égyptiens. C'est encore par le sang de l'agneau immolé, sang versé sur l'autel et sur le peuple, au Sinaï, que Dieu conclut une Alliance avec le peuple sorti de l'esclavage de l'Égypte (Ex 24, 6-8). 

Enrichissant le thème primitif, la tradition juive donna par la suite une valeur rédemptrice au sang de l'agneau.  C'est grâce au sang de l'agneau pascal que les Hébreux ont été rachetés de l'esclavage d'Égypte et qu'ils ont pu dès lors devenir nation consacrée, royaume de prêtres (Ex 19, 6), liés à Dieu par une alliance et régis par la Loi de Moïse. Persécuté par ses ennemis, le prophète Jérémie se comparait à un agneau que l'on mène à l'abattoir (Jr 11, 19)... Cette image fut ensuite appliquée au Serviteur de Yahweh qui, mourant pour expier les péchés de son peuple, apparaît comme un agneau conduit à la boucherie, comme devant les tondeurs une brebis muette et n'ouvrant pas la bouche 
(Is 53, 7). Ce texte, soulignant l'humilité et la résignation du Serviteur, annonçait au mieux le destin du Christ, comme l'explique Philippe à l'eunuque de la reine d'Éthiopie (Ac 8, 31-35).

Il est possible que Jean-Baptiste s'y réfère aussi lorsque, d'après le IVe évangile, il désigne Jésus comme l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde  (1, 29; cf Is 53, 7.12; He 9, 28).  Les évangélistes y renvoient lorsqu'ils soulignent que le Christ se taisait devant les sanhédrites (Mt 26, 63) et ne répondait rien à Pilate (Jn 19, 9). 

La tradition chrétienne a vu dans le Christ «le véritable agneau» (Préface de la messe de Pâques). Sa mission rédemptrice est amplement décrite dans la catéchèse baptismale qui est sous-jacente à la 1ère épître de Pierre.  Jésus est l'agneau (I P 1, 19; Jn 1,29; Ap 5,6) sans tare (Ex 12, 5), c'est-à-dire sans péché (I P 1, 19; Jn 8,46; I Jn 3, 5; He 9,14), qui rachète les hommes au prix de son sang (I P 1, 18s; Ap 5, 9s; He 9, 12-15). Il les a ainsi délivrés de la terre (Ap 14,3), du monde mauvais adonné à la perversion qui découle du culte des idoles (I P 1,14.18; 4, 25), de façon qu'ils puissent désormais éviter le péché (I P 1, 15s; Jn 1, 29; I Jn 3, 5-9) et former le nouveau royaume de prêtres, la véritable  nation consacrée (I P 2, 9; Ap 5, 9s; cf Ex 19, 6), offrant à Dieu le culte spirituel d'une vie irréprochable (I P 2, 5; He 9,1 4). Ils ont quitté les ténèbres du paganisme pour la lumière du royaume de Dieu (I P 2, 9). C'est là leur exode spirituel.

Cette tradition, qui voit dans le Christ le véritable Agneau pascal, remonte aux origines mêmes du christianisme. Paul exhorte les fidèles de Corinthe à vivre comme des azymes, dans la pureté et la vérité, puisque notre pâque, le Christ, a été immolé (I Co 5,7).  Il ne propose pas ici un enseignement nouveau sur le Christ-Agneau, il se réfère aux traditions liturgiques de la Pâque chrétienne, bien antérieures donc à 55-57, date à laquelle l'Apôtre écrivait sa lettre. 

Si l'on fait confiance à la chronologie johannique, l'événement même de la mort du Christ aurait fourni le fondement de cette tradition. Jésus fut mis à mort la veille de la fête des Azymes (Jn 18,28; 19,14.31), donc le jour de la Pâque, dans l'après midi (19,14), à l'heure même où, selon les prescriptions de la Loi, on immolait au Temple les agneaux.  Après sa mort, on ne lui rompit pas les jambes, comme aux autres condamnés (19,33), et l'évangéliste voit dans ce fait la réalisation d'une prescription rituelle concernant l'agneau pascal (19,36; cf Ex 12,46). 

Agneau immolé et pourtant vainqueur, nous devons alors nous attarder à son identité et à la symbolique rattachée à sa présence maintes fois affirmée dans le dernier livre de la Bible, l'Apocalypse. Par sa mort sur la croix, son sang coula comme celui de l'agneau de l'Exode. Son sang aura aussi une valeur rédemptrice... il est l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. Selon la représentation de l'Apocalypse, le Christ ressuscité devient alors un Agneau triomphant, un Agneau debout (Ap 5,6).

  Cf. : V.T.B. - Agneau -. par Xavier-Léon Dufour, p. 26, 1971
18- L'Unité
 

Avec le texte de l'évangile de Jn 17, 21-23, Que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu'eux aussi soient un en nous afin que le monde croie que tu m'as envoyé nous constatons que Jésus a prié pour que son Église soit unie c'est-à-dire qu'elle soit un signe d'unité dans un monde divisé. Il ne suffit pas de proclamer le Christ, il faut aussi que des humains voient l'Église une et unie parmi eux.

Vous me signalez comme contradictoire cet autre texte : Pensez-vous que je suis apparu pour établir la paix sur la terre? Non, je vous le dis, mais la division. Désormais, en effet, dans une maison de cinq personnes, on sera divisé, trois contre deux et deux contre trois; on sera divisé père contre fils et fils contre père, mère contre fille et fille contre mère, belle-mère contre bru et bru contre belle-mère  (Lc 12, 51-53). Dans ce texte de Luc, nous avons des paroles de Jésus capables de déconcerter ceux qui cherchent auprès de Lui la tranquillité. Nous savons aussi que dès le début de l'Évangile selon saint Luc, Jésus a été proclamé signe de contradiction par le vieillard Siméon (Lc 2, 34). Sans vouloir les discordes, Jésus les provoque nécessairement par les exigences qu'il requiert.

 Si Jésus divise les nations, les familles et les groupes sociaux, c'est parce qu'on a voulu faire de la foi au vrai Dieu le ciment de l'unité nationale ou de la paix familiale.  Il est vrai que la foi est un facteur de paix et de compréhension; mais elle sépare aussi celui ou celle qui vit dans la vérité, de ses frères ou amis qui ne peuvent partager tout ce qui pour lui est important maintenant. La blessure et le scandale de cette séparation sont à l'origine de bien des persécutions. Les chrétiens sont par leur vie de foi et d'amour des témoins de Jésus pour le monde.

L'Évangile ne mène pas ce monde dans un paradis terrestre, mais il le fait mûrir. La mort de Jésus met en pleine lumière ce qui était caché dans les cœurs; elle révèle aussi le mensonge et la violence dans nos sociétés, comme c'était le cas pour la société juive à l'époque de Jésus. L'Évangile éveille toujours l'esprit critique et la présence d'un seul chrétien qui vit dans la vérité suffit à inquiéter beaucoup de personnes. L'unité des chrétiens est le but et l'accomplissement de l'oeuvre de la révélation. 

Cette unité des chrétiens est fondée sur l'unité du Père et du Fils; elle en est le signe. Jésus est présent dans les disciples en tant qu'il se révèle à eux comme l'envoyé du Père, celui en qui est le Père; à la lumière de la foi, les disciples voient le Père dans Jésus (12, 44-45; 14, 9); ainsi, Dieu vient à nous quand nous allons à lui  et c'est dans cette rencontre que s'accomplit l'unité des chrétiens.

Obligeant les auditeurs de sa parole à prendre position (Lc 2,34; Jn 3,18-21), Jésus fera apparaître des divisions profondes jusqu'au sein d'une même famille. Jésus devait apporter la paix (Lc 1,79; 7,50). Mais sa venue divisera les hommes, qui seront pour ou contre lui, qui nourriront de l'amour ou de la haine envers lui et les siens (Lc 12,4; Jn 15, 20).

Le jugement, c'est nous qui le prononçons dans ce discernement que chacun est inévitablement amené à poser un jour ou l'autre. Choisir le Christ signifie nécessairement rompre avec l'esprit du «monde», et peut hélas conduire à des ruptures douloureuses avec certains de ses proches : Qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi (Mt 10, 37).  Ces paroles semblent dures, mais elles ne font que traduire la cohérence de la foi, qui est engagement total, inconditionnel, plus fort que toutes nos solidarités humaines, à la suite de Celui qui nous a aimé le premier et s'est livré pour nous (Ga 2, 20).

Le Seigneur ne nous demande pas de rompre avec nos proches qui ne partagent pas nos convictions, mais il ne nous permet pas de mettre sous le boisseau la lampe de notre foi, sous prétexte de maintenir une paix toute humaine dans des relations qui seraient en tout cas faussées.

Que la perspective des divisions annoncées ne nous effraye pas, mais nourrissons plutôt notre espérance en méditant sur notre responsabilité au cœur du monde. Surtout, ne perdons pas de temps : laissons-nous purifier par l'Esprit Saint afin d'être embrasés de charité et de pouvoir à notre tour transmettre la flamme du Bel Amour ? 

RETOUR    

Questions
Bible-accueil