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Les
livres deutérocanoniques doivent leur nom au fait qu'ils ont été
intégrés très tardivement dans
la Bible
catholique, lors du concile de Trente au XVIe
siècle, après que leur valeur normative eut été longuement
discutée.
La Bible
protestante les considère comme apocryphes
et ne les inclut qu'en annexe. Ils n'ont pas été retenus dans
la Bible
hébraïque, dont le contenu fut fixé par les rabbins à la fin
du 1er siècle de notre ère, peu après la destruction
du Temple et en réaction contre les chrétiens. Cependant, ils
font partie de la production littéraire du judaïsme hellénistique
qui s'étale du IIe siècle avant notre ère au IIe siècle
après Jésus-Christ.
Leur exclusion du canon hébraïque s'explique en partie par des
raisons culturelles autant que religieuses. Ils ont été
transmis par des scribes chrétiens, en grec, quelle qu'ait été
leur langue d'origine. Ils ont acquis une importance théologique
pour les chrétiens parce que les auteurs du Nouveau Testament
les lisaient dans
la Bible
grecque et les ont pris en considération. Au contraire, après
la chute de Jérusalem, l'enseignement rabbinique s'est replié
sur ses racines sémitiques et les traditions hébraïques ou
araméennes.
Les livres deutérocanoniques constituent une collection
historiquement homogène, bien que certaines bibles les
dispersent et les classent en fonction de leur genre littéraire*.
Ce sont des oeuvres d'actualité qui expriment la confrontation
du judaïsme au modèle grec imposé par la conquête
d'Alexandre c'est-à-dire, à une culture et à un pouvoir étrangers.
Certains ont indubitablement été composés dans la diaspora très
hellénisée d'Alexandrie : le IIe livre des Maccabées, dont
l'auteur est un Juif de Cyrène ou
la Sagesse, mise sous le nom de Salomon, qui évoque
les dernières années de la dynastie ptolémaïque, à l'époque
d'Antoine et de Cléopâtre. C'est là aussi que fut traduite
la Sagesse
de Ben Sira. Livres d'actualité, ils n'ont pas
toujours de relation explicite avec l'Écriture.
Longtemps dépréciés et considérés comme des écrits
hybrides, les livres deutérocanoniques témoignent d'une période
d'intense création littéraire, souvent en réaction contre
l'hellénisme, mais qui lui emprunte aussi certains de ses modes
d'expression.
Les livres des Macchabées reprennent le genre
traditionnel de la chronique historique, mais le second
introduit les schémas de la littérature miraculeuse
grecque. Les Sagesses se rattachent aussi à une
expression biblique ancienne (les Proverbes), qu'elles
renouvellent avec les thèmes des moralistes grecs. Surtout le
choix de la forme romanesque (Tobie, Esther, Judith) est
significatif d'un nouveau lectorat cultivé plutôt que savant.
Tous ces livres manifestent plus ou moins une sensibilité
apocalyptique, intégrant miracles, visions et
conversions. Issu de tensions, voire de persécutions, le
genre l'apocalyptique soutient l'espérance des Juifs et la
conscience de leur destin propre par la révélation de la fin
du monde et de l'histoire qui donne un sens aux souffrances du
présent.
*
Les bibles catholiques comme
la Bible
de Jérusalem,
la Bible
de Maredsous, etc ont inséré les livres deutérocanoniques
parmi les livres au fil de l’histoire ou les livres de
Sagesse, alors que les bibles oecuméniques comme les bible TOB
ou Français courant les ont placés à la fin de l’Ancien
Testament, comme pour les identifier plus facilement.
Cf :
La Bible
et sa culture, Ancien testament, sous la direction de
Michel Quesnel et Philippe Gruson, éd. Desclée de Brouwer. –
p. 370-371
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