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17- Livres deutérocanoniques 
 

Les livres deutérocanoniques doivent leur nom au fait qu'ils ont été intégrés très tardivement dans la Bible catholique, lors du concile de Trente au  XVIe siècle, après que leur valeur normative eut été longuement discutée. La Bible protestante les considère comme apocryphes et ne les inclut qu'en annexe. Ils n'ont pas été retenus dans la Bible hébraïque, dont le contenu fut fixé par les rabbins à la fin du 1er siècle de notre ère, peu après la destruction du Temple et en réaction contre les chrétiens. Cependant, ils font partie de la production littéraire du judaïsme hellénistique qui s'étale du IIe siècle avant notre ère au IIe siècle après Jésus-Christ.

Leur exclusion du canon hébraïque s'explique en partie par des raisons culturelles autant que religieuses. Ils ont été transmis par des scribes chrétiens, en grec, quelle qu'ait été leur langue d'origine.  Ils ont acquis une importance théologique pour les chrétiens parce que les auteurs du Nouveau Testament les lisaient dans la Bible grecque et les ont pris en considération. Au contraire, après la chute de Jérusalem, l'enseignement rabbinique s'est replié sur ses racines sémitiques et les traditions hébraïques ou araméennes.

Les livres deutérocanoniques constituent une collection historiquement homogène, bien que certaines bibles les dispersent et les classent en fonction de leur genre littéraire*. Ce sont des oeuvres d'actualité qui expriment la confrontation du judaïsme au modèle grec imposé par la conquête d'Alexandre c'est-à-dire, à une culture et à un pouvoir étrangers. Certains ont indubitablement été composés dans la diaspora très hellénisée d'Alexandrie : le IIe livre des Maccabées, dont l'auteur est un Juif de Cyrène ou la Sagesse, mise sous le nom de Salomon, qui évoque les dernières années de la dynastie ptolémaïque, à l'époque d'Antoine et de Cléopâtre. C'est là aussi que fut traduite la Sagesse de Ben Sira.  Livres d'actualité, ils n'ont pas toujours de relation explicite avec l'Écriture.

Longtemps dépréciés et considérés comme des écrits hybrides, les livres deutérocanoniques témoignent d'une période d'intense création littéraire, souvent en réaction contre l'hellénisme, mais qui lui emprunte aussi certains de ses modes d'expression.

Les livres des Macchabées reprennent le genre traditionnel de la chronique historique, mais le second introduit les schémas de la littérature miraculeuse grecque.  Les Sagesses se rattachent aussi à une expression biblique ancienne (les Proverbes), qu'elles renouvellent avec les thèmes des moralistes grecs. Surtout le choix de la forme romanesque (Tobie, Esther, Judith) est significatif d'un nouveau lectorat cultivé plutôt que savant.

Tous ces livres manifestent plus ou moins une sensibilité apocalyptique, intégrant miracles, visions et conversions.  Issu de tensions, voire de persécutions, le genre l'apocalyptique soutient l'espérance des Juifs et la conscience de leur destin propre par la révélation de la fin du monde et de l'histoire qui donne un sens aux souffrances du présent.

* Les bibles catholiques comme la Bible de Jérusalem, la Bible de Maredsous, etc ont inséré les livres deutérocanoniques parmi les livres au fil de l’histoire ou les livres de Sagesse, alors que les bibles oecuméniques comme les bible TOB ou Français courant les ont placés à la fin de l’Ancien Testament, comme pour les identifier plus facilement.

Cf : La Bible et sa culture, Ancien testament, sous la direction de Michel Quesnel et Philippe Gruson, éd. Desclée de Brouwer. – p. 370-371

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