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TÉMOIGNAGES

 

Anniversaire des Personnes associées aux
Soeurs de la Charité de Saint-Louis

Le 1er octobre 2005, lors du grand rassemblement à la Maison provinciale, Lévis, pour la célébration 
du 20e anniversaire d’existence et de rayonnement du groupe des 
Personnes associées aux S.C.S.L., au Québec, quelques personnes associées ont été invitées à donner un témoignage en lien avec le charisme de Mère Saint-Louis.  Nous vous livrons ceux  de 
Mme Georget Carpentier, Pont-Rouge
; Mme Claire Bélanger, St-Georges;  Mme Gisèle Lavoie, Lév
is.


Quel symbole as-tu choisi pour représenter le charisme de Mère Saint-Louis ?
  C’est celui de la croix…

Parce que pour moi, la croix, c’est la plus grande révélation du Christ, de son amour constant et de sa grande miséricorde…  La croix, c’est l’achèvement de l’inachevé…  C’est la vie !  Pour Mère Saint-Louis, la croix, c’est avoir une main sur la beauté du monde, une main sur la souffrance des pauvres et les deux pieds dans le devoir du moment présent. La croix, c’est également les mains ouvertes pour mieux accueillir… « comme Celui qui, sur la croix, ne les refermera jamais ».  Lorsque mes actions sont opposées à mes valeurs religieuses, je visualise la croix.  C’est pour moi un moyen de lui confier le plus intime de moi-même, d’accepter ses consolations et de me laisser porter dans les plaies de son amour.  Donc, par la croix, je suis dans la vigne du Seigneur.  Et c’est en vivant de la croix que le Christ me donne le sens de ma vie sur terre.

Le charisme de Mère Saint-Louis est encore bien vivant et d’actualité.  Donne un exemple concret de ta vie pour illustrer cet énoncé.  Pour moi, c’est la prière.

Dès mon réveil, je dis : « Mon Dieu, je vous offre toutes mes actions de la journée, daignez les bénir et les rendre agréables à vos yeux ».  Mais, il y a toujours une petite condition : qu’Il me donne la force et les grâces nécessaires pour faire sa volonté.  Par la prière, je m’abandonne.  Tous ces « va-et-vient » quotidiens de joie, de plaisir et de bonheur entremêlés de peines, de contraintes et de souffrances, c’est la réalité humaine  Mais quand j’y introduis la prière, cela devient ma réalité divinisée.  La force immense de la prière active ma petite flamme intérieure qui, sans elle, transformerait mes soleils en ténèbres. Je prie Mère Saint-Louis d’intervenir auprès du Seigneur afin que la lumière soit dans mes pensées et dans mon cœur.  Et lorsque quelques larmes coulent sur mes joues, je me dis : «  Ne sont-elles pas la rosée qui empêche mon cœur de faner? »…Donc, la prière, c’est l’essentiel, oui c’est l’essentiel

Quel aspect du charisme de Mère Saint-Louis te rejoint plus particulièrement ?  Sa grande humilité.

Cette grande dame de la société ne s’est pas limitée à la distribution de sa fortune, mais elle a rempli de son amour, le cœur des plus démunis.  Sa joie, c’était le sourire de son cœur généreux donné à Jésus qu’elle glorifiait à travers les pauvres qui l’entouraient.  J’ai l’impression que le seul droit qu’elle s’est accordé, fut de se mettre au même niveau que les miséreux qu’elle côtoyait humblement.  Et, en toute modestie, elle remplissait les tâches les plus simples comme les plus ingrates, pour leur venir en aide.  Son humilité était égale à l’océan : on peut voir là où il commence mais jamais là où il se termine.  Aujourd’hui, on récolte, de son champ d’amour, les fruits de son dévouement laissés en héritage.  N’en sommes-nous pas la plus belle preuve vivante, nous les Personnes associées aux Sœurs de la Charité de Saint-Louis ?…

Avant de terminer, j’aimerais vous partager ce que furent mes premiers pas comme future associée.Suite à la lecture de la vie de Mère Saint-Louis, j’avoue avoir été ébranlée, pas à peu près  je ressentais à tel point la petitesse qui m’habitait que je me suis dit : « C’est impossible pour moi… comment y arriver ? »  Devant l’évidence même de la grandeur d’âme de Mère Saint-Louis, j’ai dû m’ajuster.  Il ne me restait plus que le désir d’essayer simplement, de suivre les traces de Mère Saint-Louis, avec mes forces, mes fragilités et mes différences.  «Tout est grand quand c’est l’amour qui le fait… » 
(Mère Saint-Louis)   Nous pourrions donc facilement dire qu’ensemble, nous sommes la valse de l’amour…

Georget Carpentier, Pont-Rouge

 

Je suis la 4e d’une famille de 9 enfants. Mes parents étaient cultivateurs. Chez nous les valeurs chrétiennes étaient très importantes : la prière, l’assistance à la messe, la charité envers le prochain, la justice, l’honnêteté, la compassion et l’amour des pauvres. Très jeune, j’ai retenu ces paroles de Jésus dans l’Évangile : «Tout ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites.»  A 21 ans, je me suis mariée et j’ai eu deux beaux garçons. J’ai aujourd’hui la joie d’avoir un petit-fils de quatre ans.

Ce n’est que vers l’âge de 40 ans que j’ai entendu parler de Mère Saint-Louis et des Personnes associées. Lors d’une fin de semaine de ressourcement au Centre Molé à Saint-Côme, j’ai fait la connaissance d’une associée. Elle m’amène à la cafétéria près de la statue de la Vierge des Douleurs. Elle m’a parlé de Mère Saint-Louis, cette femme au cœur de feu et du charisme de la Congrégation. Elle m’a dit qu’on pouvait devenir associé à cette communauté en tant que laïc. Le charisme de Mère Saint-Louis m’a tout de suite rejoint, car c’était dans mes valeurs d’aider les pauvres, les démunis. C’est venu me confirmer dans ma mission.

En effet, à ce moment-là, je venais de commencer à être responsable d’une résidence d’accueil. Je prends soin de trois personnes. J’ai décidé d’être famille d’accueil pour remercier le Seigneur, vu que mes enfants étaient en bonne santé. Je me sens bien là-dedans.  Mère Saint-Louis s’occupait de l’éducation des jeunes filles. Moi, ma mission se réalise auprès des adultes qui souffrent de maladie mentale ou de déficience intellectuelle. Je les accueille tels qu’ils sont. Ils ont surtout besoin d’amour, de retrouver leur dignité, d’être rassurés, soutenus, car trop souvent ils ont été rejetés par la société  et même parfois par leur famille, car celle-ci étant trop épuisée.

Le charisme de Mère Saint-Louis me permet aussi de mieux vivre la grâce de mon baptême et m’aide à grandir. Dans mon quotidien, j’essaie de mettre le plus d’amour possible dans ma relation avec les autres et plus spécialement avec mes pensionnaires pour leur faire ressentir qu’ils sont les enfants bien-aimés du Père et qu’ils sont importants à ses yeux malgré leurs limites. Comme Mère Saint-Louis qui apportait de l’espérance aux malades, j’essaie de leur procurer de la joie, de l’espérance et d’améliorer leur qualité de vie.

La prière est très importante pour moi. C’est aussi un aspect de la spiritualité de la Fondatrice. Mère Saint-Louis aimait beaucoup Jésus Eucharistie. A sa suite, je me suis engagée à faire de l’adoration 1 heure par semaine. C’est un besoin pour moi et c’est un beau cadeau que je me fais. Avec les associés, je prie : je nourris ma foi par la Parole de Dieu, les journées de formation à l’occasion et je partage ce que je vis au niveau de ma foi.  J'ajoute que, dans la vie d’aujourd’hui, on n’est pas toujours à l’aise et on n’a pas toujours la chance de parler de Dieu et de notre foi que ce soit dans notre milieu de travail ou dans la société. Quand nous vivons des choses difficiles, nous nous soutenons, nous offrons nos souffrances, unis à Mère Saint-Louis, à la suite du Christ Rédempteur en réparation avec Lui.

Dans notre groupe existe une belle fraternité. On souligne les anniversaires par un téléphone ou quelques fois par un déjeuner au restaurant. Cette année on a expérimenté une célébration de la Parole lors d’un déjeuner comme il nous a été enseigné. Que de beaux moments de bonheur partagés!  Je remercie les SCSL de nous avoir ouvert leur porte pour qu’on devienne associés. Je suis très heureuse de faire partie de la grande famille des SCSL en tant qu’associée depuis 10 ans.

En mai 2004, j’ai eu la chance d’aller en pèlerinage sur les pas de Mère Saint-Louis à Vannes. Je rends grâce au Seigneur. Vivre une semaine à la maison du Père Éternel, ce fut un vrai coup de cœur. Dans la chambre de Mère Saint-Louis, je voulais tout toucher : son cœur, son beau crucifix d’ivoire, son prie-Dieu, son lit, etc. pour m’imprégner davantage de son esprit et de son charisme. L’accueil chaleureux des Sœurs françaises, la rencontre des Personnes associées de la France et ce que j’ai vécu, m’ont fait prendre conscience que même après 200 ans, le charisme de Mère Saint-Louis demeure bien vivant chez les SCSL, mais aussi chez les Personnes associées.   C’est ma façon de continuer l’œuvre de Mère Saint-Louis.

Claire Bélanger, Saint-Georges.

 


Vous parler de mon charisme, c’est m’entretenir avec vous d’un sujet qui m’est cher.  Je vous dirais que je le traduis en une expression et un symbole :  RENDRE SERVICE et LA MAIN.

RENDRE SERVICE  - à ma famille, aux voisins, amis, personnes âgées, malades, démunies – en m’impliquant comme bénévole de différentes façons :

-  visiter les malades à l'hôpital (lavage, dépannage même la nuit);
-  garder des petits enfants;
-  faire de la réparation, de la couture ou de la confection;
-  aider aux leçons et aux devoirs de ma petite fille;
-  porter la communion.

Parfois, c’est moins facile selon l’humeur ou la patience des gens et selon les circonstances, par exemple des réparations de vêtements que je ne puis laver avant.  Une Parole de Dieu dit : «Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même, prenne sa croix et qu’il me suive.» (Mt 16,24) Je suis celle qui cherche à faire la volonté de Dieu.  Chaque matin, je dis à Dieu : «J’accepte d’avance les contrariétés qui pourraient survenir» en sachant qu’elles peuvent m’aider à lui prouver mon amour.  On ne peut mentir à Dieu.


SYMBOLE DES MAINS : J’aime ce symbole.  D’ailleurs, j’ai fait bénir mes mains au printemps.  C’est avec elles que je gagne ma vie.  Avec mes mains, je peux faire plein de choses, accueillir l’autre, l’aider. Lorsque j’apporte la communion, je donne la main pour souhaiter la paix.  Je trace aussi une croix sur le front de la personne en demandant à Dieu de la bénir.  J’ai vu des personnes pleurer lorsque je fais ce geste.

Lorsque je couds, je pense à Jésus qui a dit des paroles concernant l’habillement.  À ces moments, j’ai une profonde conviction qu’Il apprécie le travail des couturières et je me sens aimée de Lui.  Je pense aussi à ceux et celles qui n’ont pas de vêtements.  En cousant, il arrive qu’on se pique avec l’aiguille.  La vue du sang me fait penser à la passion de Jésus, à son sang versé pour nous.  J’ai placé une aiguille et un fuseau de fil bien en vue montrant par là mon désir de m'unir au Christ Rédempteur.  Au fil des jours, je demande pardon à Jésus pour mes péchés, pour ceux qui le méprisent de toutes sortes de façons et par différents moyens.  Je lui dis que je l’aime et que je veux le consoler.

Voilà pourquoi, je pense que mon charisme personnel ressemble un peu à celui de Mère Saint-Louis.   Merci.

Gisèle Lavoie